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Ce que WeMind Therapy change, du début à la fin de la séance
Les apports concrets de la plateforme pour le thérapeute et pour le patient, étape par étape, avec leurs limites.
Marie-Agnès ThulliezMis à jour le 14 octobre 2026
Une plateforme ne rend pas l’EMDR plus efficace par elle-même. Elle peut en revanche alléger le travail du thérapeute, et l’aider à doser la stimulation au plus près de ce que le patient peut supporter. Cette page suit le déroulé d’une séance et indique, à chaque étape, ce que WeMind Therapy change, puis ce qu’elle ne change pas.
En bref
- Un seul outil remplace la visioconférence, la barre lumineuse et les notes séparées, au cabinet comme à distance.
- La vitesse de la balle peut s’ajuster d’elle-même aux réponses du patient, pour le garder dans sa fenêtre de tolérance.
- Le thérapeute n’a plus à faire les mouvements de la main, et garde son attention pour le patient.
- Les décisions cliniques restent les siennes : la plateforme fournit l’outil, pas la méthode.
1Avant la séance : tout est prêt
Chaque patient dispose d’un lien de connexion permanent : il n’y a pas de rendez-vous de visioconférence à créer, ni de lien à renvoyer à chaque séance. Le type de stimulation, les sons et les tâches de double attention peuvent être préparés à l’avance. Un guide de prise en main en français, intégré à la plateforme, accompagne les premières séances pas à pas.
À savoir : le choix des cibles et la préparation du patient restent entièrement du ressort du thérapeute.
2L’installation : un seul outil, au cabinet comme à distance
La visioconférence, la stimulation bilatérale, les mesures et les notes tiennent dans une seule fenêtre. Il n’y a ni barre lumineuse à brancher, ni logiciel de visio à ouvrir en parallèle, ni papier à tenir pendant le retraitement.
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seule fenêtre pour la visio, la stimulation, les mesures et les notes
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matériel à brancher : ni barre lumineuse, ni logiciel de visio
Au cabinet, le patient se connecte sur sa propre tablette ou son propre téléphone : il ouvre we-mind.app, choisit « Je suis un client » et saisit le numéro de session donné par le thérapeute, ou scanne le QR code affiché à l’écran. Le guide de l’éditeur résume ainsi l’intérêt de ce dispositif :
Considérez l’appareil supplémentaire comme un substitut à la barre lumineuse. En réalité, les clients montrent souvent encore plus d’engagement avec ces tâches.
Guide de prise en main de WeMind Therapy
À savoir : à distance, une connexion stable et un lieu où le patient est seul restent indispensables.
3Pendant le retraitement : une stimulation dosée pour chaque patient
Mode fixe
Le thérapeute règle lui-même la vitesse de la balle et la modifie quand il le souhaite.
Mode automatique
La vitesse s’ajuste en continu aux réponses du patient, jusqu’à la limite de ce qu’il peut suivre.
La vitesse de la balle se règle de deux façons. En mode fixe, le thérapeute choisit lui-même la vitesse et peut la modifier à tout moment. En mode automatique, la plateforme ajuste la vitesse aux capacités du patient. Pendant la tâche visuelle, la balle se transforme par moments en cylindre, et le patient doit le signaler aussitôt : flèche du bas sur un ordinateur, bouton à l’écran sur un smartphone. Tant qu’il répond à temps, la balle accélère, jusqu’à la limite de ce qu’il peut suivre ; s’il ne répond plus, elle ralentit. La vitesse s’ajuste ainsi en continu aux réponses du patient. Une alerte sonore peut aussi lui signaler une réponse trop tardive.


45 s à 1 min
durée indicative d’une série, ajustée par le thérapeute selon les réactions du patient
La durée de chaque série reste décidée par le thérapeute, selon les réactions du patient. À titre indicatif, des séries de 45 secondes à 1 minute sont souvent conseillées, plus ou moins selon le patient. Un chronomètre affiché pendant la série aide à s’y tenir.
En 2024, des formateurs EMDR comme Mark Nickerson et Paula Merucci soulignaient l’intérêt de ces ajustements continus pour garder le patient dans sa « zone optimale » de stimulation, tout en respectant le protocole standard en huit phases.
À savoir : le mode automatique aide au réglage, il ne remplace pas l’observation clinique. C’est toujours le thérapeute qui décide d’arrêter, de poursuivre ou de changer de cible.
4Garder le patient dans sa fenêtre de tolérance
Le retraitement se fait dans une zone étroite : le patient doit être assez activé pour que le souvenir soit présent, sans être submergé ni se couper de ses émotions. Pouvoir ralentir, accélérer, alléger ou augmenter la charge sans quitter la séance aide à rester dans cette zone. C’est particulièrement utile chez les patients dont la fenêtre de tolérance est étroite.
À savoir : aucun réglage ne remplace la phase de stabilisation. En revanche, le thérapeute est bien placé pour repérer une hypo- ou une hyperactivation : le visage du patient s’affiche en grand sur son écran, et il voit le regard se figer, les larmes monter, l’expression changer. L’écran l’aide aussi : en mode automatique, une balle qui ralentit signale que le patient ne suit plus, et les scores SUD s’affichent en pastilles colorées, du vert à l’orange, qui montrent d’un coup d’œil l’évolution de la perturbation. Seule réserve : l’image ne montre pas tout le corps, et une coupure de connexion peut faire manquer un signe.
5Les tâches de double attention : doser la charge
Pour charger davantage la mémoire de travail, comme le propose l’EMDR 2.0, la plateforme ajoute des tâches à la poursuite oculaire : la balle change de couleur ou devient un cylindre, et le patient doit le signaler ; d’autres tâches sont auditives ou de « distraction ». Chacune s’ajoute ou se retire en un clic, ce qui permet d’augmenter ou de réduire la charge selon les réactions du patient. Sans outil numérique, combiner ces tâches demande une préparation importante.
À savoir : ces tâches s’emploient dans le cadre d’une formation à l’EMDR 2.0. Voir EMDR et EMDR 2.0 : quelle différence ?.
6Le corps du thérapeute : adieu l’« EMDR elbow »
Tout praticien de l’EMDR connaît ce geste : des allers-retours de la main, des dizaines de fois par série et des centaines de fois par jour. Chez certains, le coude et l’épaule finissent par protester ; les anglophones ont même un nom pour cela, l’« EMDR elbow », cousin du « tennis elbow », mais sans la raquette. Avec une stimulation affichée à l’écran, le bras peut enfin se reposer. Le thérapeute garde les mains libres pour noter, et son regard disponible pour ce qui compte : le patient.
7Les mesures et les notes, au fil de la séance
Les scores SUD et VOC se saisissent en un clic. Chaque mesure s’affiche en pastille colorée, avec l’heure, et l’on suit ainsi l’évolution de la séance d’un coup d’œil. Le thérapeute peut prendre des notes et, s’il le souhaite, lancer une transcription par intelligence artificielle, qui propose ensuite un résumé.
À savoir : la plateforme ne conserve ni les notes ni les transcriptions : il faut les enregistrer dans votre dossier patient avant de quitter la séance. La transcription suppose l’accord préalable du patient, et les résumés produits sont des brouillons à relire. Voir Données et confidentialité.
8Après la séance : moins de travail administratif
Le résumé proposé sert de base au compte rendu, au lieu d’une rédaction à partir de zéro. Sur la durée du traitement lui-même, une étude pilote de l’éditeur a observé une phase de désensibilisation plus courte d’environ 21 minutes qu’avec une barre lumineuse, pour une même baisse du SUD. Elle portait sur 23 patients, sans tirage au sort, et n’a pas été publiée : c’est une observation encourageante, pas une démonstration. Voir Ce que dit la recherche.
9Ce que la plateforme ne fait pas
- Elle ne remplace pas la formation à l’EMDR, ni à l’EMDR 2.0.
- Elle ne décide pas à la place du thérapeute : le mode automatique est une aide au réglage, pas un pilote automatique.
- Elle ne rend pas l’EMDR plus efficace par elle-même ; aucune étude publiée ne le démontre à ce jour.
- Elle ne lève pas les limites de la séance à distance pour les patients instables ou très dissociatifs.
Pour les situations concrètes d’usage, voir aussi À quoi sert WeMind Therapy en pratique ?.
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Sources
- Moovd (2024). Présentation de WeMind et témoignages de formateurs EMDR (Mark Nickerson, Paula Merucci, Roy Kiessling). Document de l’éditeur.
- Moovd (s. d.). All studies : synthèse de huit études pilotes sur WeMind (document de l’éditeur, non publié dans une revue).
- Moovd (s. d.). Débutez avec WeMind, vidéo de prise en main sous-titrée en français, et guide de prise en main intégré à la plateforme.
- WeMind Therapy (s. d.). Site officiel. Lien