Une hypothèse centrale soutenue par la recherche expérimentale est celle de la charge de la mémoire de travail
La mémoire de travail possède une capacité limitée (Baddeley & Hitch, 1974 ; Baddeley, 2000).
Lorsque le patient maintient en mémoire une image traumatique tout en réalisant simultanément une tâche sollicitant la mémoire de travail (par exemple des mouvements oculaires), les ressources cognitives disponibles sont partagées.
Cette taxation entraîne :
une diminution de la vivacité de l’image,
une réduction de l’intensité émotionnelle associée,
un réencodage moins chargé du souvenir.
La stimulation bilatérale alternée fonctionnerait donc comme une tâche concurrente venant mobiliser les ressources de la mémoire de travail.
Plusieurs études expérimentales contrôlées soutiennent cette hypothèse :
Gunter & Bodner (2008) ont montré que les mouvements oculaires réduisent la vivacité et la charge émotionnelle des souvenirs négatifs via la taxation de la mémoire de travail.
van den Hout & Engelhard (2012) ont synthétisé les données expérimentales confirmant que l’effet des mouvements oculaires est lié à la charge cognitive.
van den Hout et al. (2010) ont montré que l’efficacité dépend du niveau optimal de taxation de la mémoire de travail.
Ce corpus expérimental renforce la plausibilité neurocognitive de l’EMDR en fournissant un mécanisme mesurable et reproductible.