EMDR · Phase de préparation · Ressource

Le lieu ressource

Développer un état de calme, de stabilité et de régulation émotionnelle avant, pendant ou entre les séances EMDR.

Présentation clinique

Le lieu ressource, parfois appelé lieu calme ou lieu sûr, est un exercice utilisé dans la phase de préparation en EMDR. Il aide le patient à créer, dans son imagination, un espace associé à un état de calme, d’apaisement, de confort ou de stabilité intérieure.

Pour certains patients ayant vécu des expériences traumatiques, le mot « sûr » peut être difficile à utiliser, voire peu accessible. Il est donc préférable de laisser le patient choisir le terme qui lui convient : calme, agréable, tranquille, stable, confortable ou ressourçant.

Le lieu ressource n’a pas pour fonction d’éviter les émotions difficiles. Il permet au patient de retrouver un état interne suffisamment stable pour poursuivre le travail thérapeutique dans de meilleures conditions.

Objectifs thérapeutiques

  • Renforcer les capacités de régulation émotionnelle.
  • Aider le patient à reconnaître qu’il peut influencer son état interne.
  • Préparer les phases de retraitement en consolidant les ressources.
  • Favoriser le retour à un état plus stable en fin de séance.
  • Offrir une stratégie utilisable entre les séances en cas de détresse.
  • Développer progressivement un sentiment de contrôle et d’autonomie.

Script thérapeutique

Créer l’image du lieu

Invitez le patient à imaginer un endroit réel ou imaginaire dans lequel il se sent calme, apaisé ou suffisamment bien.

« Prenez un moment pour laisser venir l’image d’un endroit dans lequel vous pourriez vous sentir calme, tranquille ou simplement un peu mieux. Cela peut être un lieu réel, un souvenir, ou un endroit entièrement imaginé. »

Explorer les sensations visuelles

Aidez le patient à rendre l’image plus vivante en observant les détails visuels.

« Regardez autour de vous dans ce lieu. Remarquez les couleurs, la lumière, les formes, l’heure de la journée, les éléments présents autour de vous. Est-ce un endroit ouvert ou fermé ? Y a-t-il quelqu’un, ou êtes-vous seul ? »

Mobiliser les autres sens

Invitez le patient à enrichir l’expérience à travers l’ouïe, l’odorat, le goût et les sensations corporelles.

« Écoutez les sons présents dans cet endroit. Remarquez aussi les odeurs, la température, le contact de votre corps avec le sol, le siège ou l’environnement. Observez comment votre respiration et votre posture se modifient lorsque vous êtes là. »

Identifier une phrase ressource

Demandez au patient de trouver une phrase courte associée à ce lieu et à l’état interne recherché.

« Si ce lieu avait une phrase, quelques mots simples qui résument ce que vous ressentez ici, quels seraient-ils ? Par exemple : “Je peux respirer”, “Je suis calme”, “Je peux prendre mon temps”, ou une phrase qui vous appartient. »

Renforcer l’ancrage

Invitez le patient à revenir pleinement dans le lieu ressource en répétant sa phrase intérieure. De courtes stimulations bilatérales lentes peuvent être utilisées.

« Gardez l’image de ce lieu, les sensations qui l’accompagnent et votre phrase ressource. Laissez votre système enregistrer cette expérience de calme ou de stabilité. »

Développer l’autonomie

Demandez au patient de retrouver son lieu ressource par lui-même, sans guidage détaillé.

« Maintenant, je vous propose de retrouver ce lieu par vous-même, en reprenant l’image, les sensations et votre phrase ressource. L’objectif est que vous puissiez utiliser cet exercice en dehors des séances. »

Tester avec une légère perturbation

Proposez au patient d’évoquer une contrariété récente de faible intensité, puis de revenir volontairement à son lieu ressource.

« Pensez brièvement à une petite frustration récente, quelque chose de modéré. Puis, lorsque vous êtes prêt, revenez dans votre lieu ressource et observez ce qui change dans votre corps et dans votre niveau de tension. »

Utilisation avec stimulation bilatérale

En EMDR, de courtes séries de stimulations bilatérales lentes peuvent être utilisées pour renforcer l’association entre le lieu, les sensations corporelles et l’état émotionnel recherché.

Il est préférable de rester sur des séries brèves, par exemple quelques tapotements alternés, ou de proposer au patient d’utiliser le butterfly hug s’il le connaît et s’il le tolère bien.

L’objectif n’est pas d’ouvrir un retraitement, mais d’installer ou de renforcer une ressource. Si l’activation augmente, le thérapeute ralentit, revient au présent et vérifie la stabilité du patient.

Point de vigilance clinique

Certains patients ne parviennent pas immédiatement à imaginer un lieu calme ou agréable. Dans ce cas, il est possible de partir d’un détail très simple : une couleur, une sensation, une posture, une image neutre ou un souvenir très bref.

Chez les patients présentant un traumatisme complexe ou des phénomènes dissociatifs, l’exercice doit rester souple. Le thérapeute vérifie régulièrement l’orientation dans le présent, le niveau d’activation et la capacité du patient à revenir ici et maintenant.

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