Développer un état de calme, de stabilité et de régulation émotionnelle avant, pendant ou entre les séances EMDR.
Le lieu ressource, parfois appelé lieu calme ou lieu sûr, est un exercice utilisé dans la phase de préparation en EMDR. Il aide le patient à créer, dans son imagination, un espace associé à un état de calme, d’apaisement, de confort ou de stabilité intérieure.
Pour certains patients ayant vécu des expériences traumatiques, le mot « sûr » peut être difficile à utiliser, voire peu accessible. Il est donc préférable de laisser le patient choisir le terme qui lui convient : calme, agréable, tranquille, stable, confortable ou ressourçant.
Le lieu ressource n’a pas pour fonction d’éviter les émotions difficiles. Il permet au patient de retrouver un état interne suffisamment stable pour poursuivre le travail thérapeutique dans de meilleures conditions.
Invitez le patient à imaginer un endroit réel ou imaginaire dans lequel il se sent calme, apaisé ou suffisamment bien.
Aidez le patient à rendre l’image plus vivante en observant les détails visuels.
Invitez le patient à enrichir l’expérience à travers l’ouïe, l’odorat, le goût et les sensations corporelles.
Demandez au patient de trouver une phrase courte associée à ce lieu et à l’état interne recherché.
Invitez le patient à revenir pleinement dans le lieu ressource en répétant sa phrase intérieure. De courtes stimulations bilatérales lentes peuvent être utilisées.
Demandez au patient de retrouver son lieu ressource par lui-même, sans guidage détaillé.
Proposez au patient d’évoquer une contrariété récente de faible intensité, puis de revenir volontairement à son lieu ressource.
En EMDR, de courtes séries de stimulations bilatérales lentes peuvent être utilisées pour renforcer l’association entre le lieu, les sensations corporelles et l’état émotionnel recherché.
Il est préférable de rester sur des séries brèves, par exemple quelques tapotements alternés, ou de proposer au patient d’utiliser le butterfly hug s’il le connaît et s’il le tolère bien.
L’objectif n’est pas d’ouvrir un retraitement, mais d’installer ou de renforcer une ressource. Si l’activation augmente, le thérapeute ralentit, revient au présent et vérifie la stabilité du patient.
Certains patients ne parviennent pas immédiatement à imaginer un lieu calme ou agréable. Dans ce cas, il est possible de partir d’un détail très simple : une couleur, une sensation, une posture, une image neutre ou un souvenir très bref.
Chez les patients présentant un traumatisme complexe ou des phénomènes dissociatifs, l’exercice doit rester souple. Le thérapeute vérifie régulièrement l’orientation dans le présent, le niveau d’activation et la capacité du patient à revenir ici et maintenant.